{"id":2607,"date":"2020-06-19T22:31:46","date_gmt":"2020-06-19T22:31:46","guid":{"rendered":"https:\/\/live-death-penalty-worldwide.pantheonsite.io\/cameroun-des-jeunes-filles-prises-pour-cible-alors-quelles-fuyaient\/"},"modified":"2021-03-09T15:45:03","modified_gmt":"2021-03-09T15:45:03","slug":"cameroun-des-jeunes-filles-prises-pour-cible-alors-quelles-fuyaient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dpw.lawschool.cornell.edu\/fr\/cameroun-des-jeunes-filles-prises-pour-cible-alors-quelles-fuyaient\/","title":{"rendered":"Cameroun : Des jeunes femmes prises pour cible alors qu\u2019elles fuyaient la violence"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>DERNI\u00c8RES NOUVELLES:<\/strong> Marie Dawandala, Damaris Doukouya, et Martha Weteya ont \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9es en octobre 2020. Un grand merci \u00e0 tous ceux qui se sont battus pour qu&#8217;elles re\u00e7oivent justice.<\/em><\/p>\n<p>Marie Dawandala, Damaris Doukouya et Martha Weteya n&#8217;avaient que dix-sept ans quand elles ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es en octobre 2014 dans la r\u00e9gion de l\u2019extr\u00eame-nord au Cameroun. Aucune des trois jeunes femmes n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9e et elles n&#8217;avaient pas les moyens d&#8217;engager un avocat pour les d\u00e9fendre. De plus, comme elles ne parlent que la langue fulb\u00e9, elles ne comprenaient pas les poursuites p\u00e9nales, qui se d\u00e9roulaient en fran\u00e7ais. Sans conseiller juridique et sans l\u2019assistance syst\u00e9matique d\u2019un interpr\u00e8te, elles ont pein\u00e9 \u00e0 comprendre les accusations port\u00e9es contre elles. Elles ont finalement appris qu&#8217;elles \u00e9taient accus\u00e9es de soutenir Boko Haram, le groupe qui avait terroris\u00e9 leurs familles et leurs voisins au Nigeria, et dont elles avaient fui la violence. Damaris venait d\u2019accoucher et avait un enfant de trois mois avec elle, et Marie Dawandala \u00e9tait enceinte de six mois. La police a emmen\u00e9 l&#8217;enfant en d\u00e9tention aux c\u00f4t\u00e9s de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>Les trois femmes ont quitt\u00e9 leur Cameroun natal pour chercher du travail au Nigeria, o\u00f9 elles vivaient avec leurs maris pr\u00e8s de la fronti\u00e8re camerounaise. \u00c0 cette p\u00e9riode, la plupart des personnes r\u00e9sidant dans la zone frontali\u00e8re entre le Cameroun et le Nig\u00e9ria ont fui en masse pour \u00e9chapper \u00e0 la violence de Boko Haram. Comme beaucoup d&#8217;autres personnes cherchant \u00e0 se r\u00e9fugier des combats, Marie, Damaris et Martha ont fui sans leurs papiers d&#8217;identit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab Quand on m\u2019a arr\u00eat\u00e9, on ne m\u2019a pas dit pourquoi. C\u2019est \u00e0 la gendarmerie \u00e0 Maroua que j\u2019ai appris que j\u2019\u00e9tais Boko Haram. Comme j\u2019avais l\u2019enfant que j\u2019allaitais, mon c\u0153ur s\u2019est coup\u00e9\u00a0; j\u2019ai perdu conscience. A mon r\u00e9veil, mon corps ne m\u2019appartenait plus. Et le sein ne coulait plus. Je ne comprenais pas qu\u2019alors que tout le monde fuyait Boko Haram, je sois accus\u00e9e d\u2019appartenir \u00e0 ce groupe. \u00bb <\/em>&#8211; <em>Damaris<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s quatre mois en d\u00e9tention polici\u00e8re, les trois femmes et la fille de Damaris ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 la prison centrale de Maroua. Sans moyens pour payer une caution, elles y sont rest\u00e9es pendant treize mois. Marie a donn\u00e9 naissance \u00e0 son fils en prison.<\/p>\n<div id=\"attachment_2550\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2550\" class=\"wp-image-2550 size-large\" src=\"https:\/\/live-death-penalty-worldwide.pantheonsite.io\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-2020-06-19-at-1.52.03-PM-461x1024.png\" alt=\"Une femme et son fils\" width=\"461\" height=\"1024\" \/><p id=\"caption-attachment-2550\" class=\"wp-caption-text\">Marie Dawandala et son fils St\u00e9phane Dawandala, n\u00e9 en prison et maintenant \u00e2g\u00e9 de cinq ans<\/p><\/div>\n<p>Un an et cinq mois apr\u00e8s leur arrestation, Marie, Damaris et Martha ont \u00e9t\u00e9 traduites devant un tribunal militaire, o\u00f9 elles ont appris qu&#8217;elles \u00e9taient accus\u00e9es d\u2019immigration irr\u00e9guli\u00e8re, d&#8217;espionnage en coaction, de bande arm\u00e9e et de coaction d\u2019insurrection. Les autorit\u00e9s ne leur ont que partiellement fourni l\u2019assistance d\u2019un interpr\u00e8te au cours des proc\u00e9dures. Apr\u00e8s un proc\u00e8s abr\u00e9g\u00e9, elles ont toutes trois \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 la peine de mort. Leur proc\u00e8s leur a \u00e9t\u00e9 incompr\u00e9hensible au point o\u00f9 elles n\u2019ont pas compris qu\u2019elles avaient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 mort jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une gardienne de prison les en informe \u00e0 leur retour en prison.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0De retour \u00e0 la prison, je ne parlais \u00e0 personne et une gardienne nous a expliqu\u00e9 la d\u00e9cision. C\u2019est l\u00e0 que je cherchais \u00e0 mourir. M\u00eame marcher, je ne voulais plus. Je cherchais tous les moyens pour me donner la mort sur place. Et malheureusement, les gardiennes de prison veillaient sur moi.\u00a0\u00bb <\/em>&#8211; <em>Damaris<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Ayant su quel \u00e9tait le verdict, j\u2019ai aussi cherch\u00e9 tous les moyens pour me suicider. Et comme il n\u2019y avait pas moyen, j\u2019ai pass\u00e9 plus de cinq jours sans manger esp\u00e9rant mourir \u2026 une gardienne de prison et une cod\u00e9tenue sont venues me trouver et me demander de ne pas mourir qu\u2019il y a espoir car nous devons faire appel.\u00a0\u00bb &#8211; Martha<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;insu de Marie, Damaris et Martha, le tribunal militaire n&#8217;\u00e9tait pas comp\u00e9tent pour les juger. En effet, la loi camerounaise pr\u00e9cise que les tribunaux militaires ne peuvent juger que les personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 18 ans au moment du crime pr\u00e9sum\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais condamn\u00e9es \u00e0 mort, les trois femmes ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es \u00e0 la prison centrale de Maroua. Elles passaient leurs jours et leurs nuits dans une cellule d\u00e9labr\u00e9e de la prison r\u00e9serv\u00e9e aux femmes. Elles avaient du mal \u00e0 respirer dans les cellules surpeupl\u00e9es et aux odeurs naus\u00e9abondes. Elles n&#8217;avaient pas acc\u00e8s \u00e0 des protections hygi\u00e9niques, et la prison ne disposait pas de soins m\u00e9dicaux pour les femmes enceintes ou allaitantes. La nourriture apport\u00e9e aux d\u00e9tenues par l&#8217;administration p\u00e9nitentiaire \u00e9tait de mauvaise qualit\u00e9 nutritionnelle, compos\u00e9e uniquement de ma\u00efs et de l\u00e9gumes, et des organisations humanitaires ont d\u00fb intervenir pour fournir de la nourriture suppl\u00e9mentaire. L&#8217;administration p\u00e9nitentiaire ne fournissait que tr\u00e8s peu de soins de sant\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je manque de tout\u00a0: comme je ne fais rien, je n\u2019ai pas les moyens de m\u2019offrir ce que je veux. Je n\u2019ai pas d\u2019habit, de cale\u00e7on, de soutien, de serviettes hygi\u00e9niques\u00a0; ce que je porte provient des dons quand nous \u00e9tions \u00e0 la prison de Maroua.\u00a0\u00bb &#8211; Damaris<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous sommes dans le d\u00e9nuement total ici\u2026 M\u00eame le bois de chauffage manque.\u00a0\u00bb &#8211; Martha<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Leurs enfants ont grandi dans ces conditions difficiles, partageant les repas de leurs m\u00e8res. Ils n\u2019ont jamais eu acc\u00e8s \u00e0 une nutrition ad\u00e9quate ou \u00e0 un suivi m\u00e9dical suffisant, et l&#8217;ombre de la condamnation \u00e0 mort de leurs m\u00e8res a plan\u00e9 sur leur enfance.<\/p>\n<div id=\"attachment_2552\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2552\" class=\"wp-image-2552 size-large\" src=\"https:\/\/live-death-penalty-worldwide.pantheonsite.io\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-2020-06-19-at-1.57.28-PM-471x1024.png\" alt=\"Une femme et sa fille\" width=\"471\" height=\"1024\" \/><p id=\"caption-attachment-2552\" class=\"wp-caption-text\">Damaris Doukouya et sa fille Tchivet Kaldapa, 5 ans, qui a grandi en prison<\/p><\/div>\n<p>Au cours des cinq ann\u00e9es suivantes, Marie, Damaris et Martha ont surv\u00e9cu dans ces conditions, faisant de leur mieux pour prendre soin de leurs enfants. Parce qu\u2019elles \u00e9taient qualifi\u00e9es de terroristes, elles ont \u00e9t\u00e9 stigmatis\u00e9es par les gardiens de prison et les autres prisonniers. Leurs familles savaient que les autorit\u00e9s peuvent soup\u00e7onner de complicit\u00e9 ceux qui rendent visite \u00e0 un parent accus\u00e9 de terrorisme. Une simple tentative de visite peut m\u00eame entra\u00eener des poursuites p\u00e9nales. Pendant leurs cinq ann\u00e9es d\u2019emprisonnement, Marie, Damaris et Martha n&#8217;ont pas re\u00e7u un seul visiteur.<\/p>\n<p><em>\u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d\u2019\u00eatre Boko Haram alors que je ne connais rien. L\u00e0 o\u00f9 je me trouve jusqu\u2019\u00e0 ma mort ce mauvais mot de Boko Haram est \u00e0 jamais grav\u00e9 sur moi et sonne toujours dans ma t\u00eate.\u00a0\u00bb \u2013 Marie<\/em><\/p>\n<p>En 2019, l&#8217;avocat camerounais Nestor Toko, pr\u00e9sident du R\u00e9seau des avocats camerounais contre la peine de mort, s&#8217;est rendu \u00e0 Maroua et a rencontr\u00e9 les trois femmes en prison. Convaincu qu&#8217;elles avaient \u00e9t\u00e9 accus\u00e9es \u00e0 tort et constern\u00e9 par le r\u00e9cit de leur arrestation et de leur proc\u00e8s, il a accept\u00e9 de les repr\u00e9senter b\u00e9n\u00e9volement. Il a parcouru r\u00e9guli\u00e8rement les 24 heures de route depuis la ville c\u00f4ti\u00e8re de Douala pour rencontrer ces femmes et leur assurer qu&#8217;il se battrait pour qu\u2019elles aient un nouveau proc\u00e8s. Il a soutenu leur d\u00e9fense en appel. En 2019, la Cour d&#8217;appel militaire a annul\u00e9 les condamnations \u00e0 mort des trois femmes, et a ordonn\u00e9 qu&#8217;elles soient rejug\u00e9es devant un tribunal civil.<\/p>\n<p>En attendant leur nouveau proc\u00e8s, Marie, Damaris, Martha et leurs enfants ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s dans une prison secondaire dans la petite ville de Mokolo, o\u00f9 les conditions de d\u00e9tention sont encore plus p\u00e9nibles. Contrairement \u00e0 Maroua, il n\u2019y a pas, \u00e0 Mokolo, d&#8217;ONG pour apporter une aide, m\u00eame modeste, aux prisonniers d\u00e9munis. Elles ne re\u00e7oivent rien de plus que le r\u00e9gime alimentaire inad\u00e9quat de la prison et continuent de porter les v\u00eatements \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9labr\u00e9s qui leur avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s \u00e0 Maroua, car la prison ne leur fournit aucun objet personnel. En r\u00e9ponse aux menaces pos\u00e9es par le Covid-19 qui se propage rapidement dans les prisons surpeupl\u00e9es du Cameroun, un ordre religieux a propos\u00e9 de prendre en charge leurs deux enfants, aujourd&#8217;hui \u00e2g\u00e9s de cinq ans. Face \u00e0 un choix impossible, Marie et Damaris ont accept\u00e9 d&#8217;\u00eatre s\u00e9par\u00e9es de leurs enfants avec l&#8217;assurance qu&#8217;une religieuse accompagnerait leurs enfants pour leur rendre visite deux fois par mois. \u00c0 ce jour, elles n&#8217;ont re\u00e7u aucune visite ni aucune nouvelle des enfants qui ont pass\u00e9 toute leur vie incarc\u00e9r\u00e9e aux c\u00f4t\u00e9s de leur m\u00e8re.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La religieuse a obtenu l\u2019accord des autorit\u00e9s pour r\u00e9cup\u00e9rer nos enfants. La s\u00e9paration avec mon gar\u00e7on \u00e9tait volontaire mais je n\u2019avais pas le choix. N\u2019ayant aucun moyen de m\u2019en occuper que pouvais-je faire\u00a0?\u00a0\u00bb \u2013 Marie <\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Normalement deux fois par mois, mon enfant doit venir avec la religieuse en prison. Mais cela fait trois mois que je n\u2019ai pas vu ma fille. Pour prendre l\u2019enfant, la religieuse a obtenu l\u2019accord de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire et elle est venue vers moi. La s\u00e9paration avec ma fille n\u2019est pas facile mais je n\u2019ai pas le choix.\u00a0\u00bb &#8211; Damaris <\/em><\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois depuis leur condamnation en 2014, Marie, Damaris et Martha esp\u00e8rent qu&#8217;elles seront un jour lib\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<div id=\"attachment_2554\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2554\" class=\"wp-image-2554 size-full\" src=\"https:\/\/live-death-penalty-worldwide.pantheonsite.io\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Screen-Shot-2020-06-19-at-2.00.51-PM.png\" alt=\"Trois femmes, deux enfants, et un homme\" width=\"1588\" height=\"708\" \/><p id=\"caption-attachment-2554\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019avocat Nestor Toko avec Marie, Damaris, Martha et leurs enfants, lors d&#8217;une visite en prison<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: left;\"><em>Ce profil a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 sur la base des dossiers judiciaires, d&#8217;informations accessibles au public ainsi que d&#8217;entretiens avec Marie, Damaris et Martha, et leur avocat. Il est publi\u00e9 avec leur consentement.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DERNI\u00c8RES NOUVELLES: Marie Dawandala, Damaris Doukouya, et Martha Weteya ont \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9es en octobre 2020. Un grand merci \u00e0 tous ceux qui se sont battus pour qu&#8217;elles re\u00e7oivent justice. Marie Dawandala, Damaris Doukouya et Martha Weteya n&#8217;avaient que dix-sept ans quand elles ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es en octobre 2014 dans la r\u00e9gion de l\u2019extr\u00eame-nord au Cameroun. 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